Dès 1894, elle se donne la structure d'un grand établissement de crédit moderne. Ses agences se tournent en priorité, en plus de la collecte des dépôts d'entreprises et de particuliers, vers les crédits d'exploitation à court terme destinés aux industriels et négociants. Elle s'oriente aussi vers le placement des titres dans le grand public, emprunts privés français, mais aussi emprunts russes.
Quant aux prises de participation, elles sont reléguées au second rang. La bonne santé de l'entreprise profite à l'expansion de l'actionnariat. En 1895, la Société Générale compte 14 000 porteurs. On en dénombre 122 000 en 1913.
Certes, la période de guerre est difficile, et ses conséquences graves, avec la perte des affaires russes. Mais, pendant les années 1920, la Société Générale devient la première banque française : son réseau connaît une forte augmentation depuis les années 1890, avec la multiplication des agences et des bureaux périodiques qui permettent une pénétration en profondeur du marché provincial (260 guichets périodiques en 1910, 864 en 1930): le nombre de points de vente passe de 1 005 en 1913 à 1 457 en 1933 (y compris ceux de la Sogenal).
Grâce aussi à la combativité des équipes d'encadrement du Siège et des agences, elle devance le Crédit Lyonnais pour les dépôts collectés et les crédits distribués, entre 1921 et 1928. Pour satisfaire les besoins des entreprises qui investissent, la Société Générale crée en 1928 une filiale, la CALIF, spécialisée dans le crédit à moyen terme.
